Jachères et couverts : aménager pour la petite faune
Une parcelle récoltée peut devenir un espace utile à la petite faune, à condition de penser son couvert comme un habitat et non comme une simple interruption des cultures. Jachères, haies et couverts végétaux peuvent fournir abris, nourriture et passages, tout en s’intégrant aux contraintes de l’exploitation.
Le programme Agrifaune a notamment expérimenté des solutions conciliant pratiques agricoles et faune sauvage. Ses chiffres d’activité concernent la période 2011-2016 : ils éclairent une démarche historique, mais ne décrivent pas la situation actuelle.
A retenir :
- Des couverts adaptés aux saisons et aux besoins locaux
- Des refuges répartis entre parcelles, haies et bordures
- Un choix conciliant biodiversité, coût et conduite agricole
Jachères et couverts végétaux : choisir les espèces pour la petite faune
Le choix des plantes donne une première forme concrète à ces aménagements : un couvert utile doit aussi rester compatible avec le calendrier agricole. Selon les données historiques d’Agrifaune, des essais ont comparé plus de cinquante mélanges, notamment à base de vesce, radis, chou ou phacélie.
Mélanges de semences et besoins du terrain
Pour les parcelles concernées, ces mélanges visaient à associer intérêt agronomique et accueil de la faune, plutôt qu’à imposer une recette unique. La moutarde, appréciée pour son implantation facile et son coût modéré, illustre ce compromis, mais un mélange diversifié peut répondre à d’autres objectifs.
Un agriculteur peut, par exemple, comparer les espèces selon la période d’implantation, la destruction prévue et les besoins d’abri. L’enjeu consiste à retenir un couvert qui protège le sol sans créer de difficulté lors de la culture suivante.
Repères pour sélectionner un couvert :
- Calendrier d’implantation et de destruction
- Coût des semences et facilité de conduite
- Ressources alimentaires et abris recherchés
- Adaptation au sol et aux cultures suivantes
Option mentionnée dans les essais
Repère agronomique disponible
Point d’attention pour l’aménagement
Moutarde
Implantation et destruction faciles, coût modéré
Évaluer sa place dans un mélange adapté au site
Vesce
Espèce intégrée à des mélanges expérimentés
Choisir selon le calendrier de la rotation
Radis
Espèce présente dans les essais de mélanges
Éviter une sélection fondée sur une seule fonction
Chou et phacélie
Espèces également citées parmi les mélanges testés
Comparer leur intérêt avec les contraintes locales
Aménagement agricole : organiser des refuges et des corridors écologiques
Une fois les espèces envisagées, leur emplacement détermine si elles forment des refuges isolés ou un réseau plus continu. Selon Agrifaune, les pistes étudiées comprenaient les bandes enherbées, les haies, les intercultures et la gestion des bords de champs.
Relier les habitats naturels à l’échelle des parcelles
Ces éléments peuvent relier des habitats naturels déjà présents, comme une haie, une lisière ou une bande végétalisée. Sur une exploitation fictive, une bande enherbée placée entre deux parcelles peut ainsi compléter une haie, sans prétendre remplacer les milieux existants.
La continuité importe aussi pour la petite faune qui se déplace entre zones d’abri et ressources alimentaires. Un aménagement agricole cohérent évite de concentrer tous les refuges dans un seul secteur, éloigné des autres milieux favorables.
Éléments à relier dans le paysage :
- Haies et lisières de parcelles
- Bandes enherbées et bords de champs
- Intercultures entre deux cultures principales
- Zones de couvert proches des ressources alimentaires
Aménagement
Emplacement envisageable
Rôle dans le réseau
Bande enherbée
Bordure ou séparation de parcelles
Créer une zone végétalisée de passage ou d’abri
Haie
Limite parcellaire ou liaison entre milieux
Structurer des corridors écologiques
Interculture
Entre une culture récoltée et une culture de printemps
Maintenir un couvert durant l’intervalle cultural
Bord de champ géré
Interface entre culture et milieu voisin
Compléter les habitats présents autour des parcelles
Biodiversité et suivi : évaluer les couverts dans la durée
La disposition des aménagements gagne à être suivie sur plusieurs saisons, car un couvert change avec sa croissance, sa gestion et les cultures voisines. Selon le bilan historique de la convention Agrifaune, le réseau comptait alors 70 départements engagés et 170 fermes pilotes, avec 200 conseillers mobilisés.
Observer les effets sans négliger l’exploitation
Ces repères anciens montrent l’importance de l’accompagnement, mais ne doivent pas être présentés comme des chiffres actuels. Sur le terrain, un suivi simple peut noter la tenue du couvert, son entretien, sa place dans la rotation et les observations de faune.
Le suivi aide à repérer les compromis : une parcelle favorable à la biodiversité doit aussi rester gérable pour l’exploitation. L’observation régulière permet d’ajuster l’emplacement ou la composition au lieu de reconduire automatiquement un mélange inadapté.
Indicateurs de suivi des aménagements :
- Maintien du couvert aux périodes prévues
- Compatibilité avec les travaux agricoles
- Continuité entre haies, bordures et parcelles
- Observations répétées de la faune sauvage
Adapter les pratiques avec les partenaires locaux
À l’échelle d’un territoire, agriculteurs, conseillers et acteurs de la chasse peuvent confronter leurs observations et leurs contraintes. Le partenariat Agrifaune reposait sur cette recherche de solutions techniques de terrain, sans dissocier les besoins de production et la préservation des milieux.
Un plan d’action pertinent commence donc par les éléments déjà présents, puis identifie les manques en abris, en continuité ou en ressources. Cet examen évite de semer partout sans stratégie et concentre les efforts là où ils complètent réellement le paysage.
Les ressources disponibles sur les couverts et la faune permettent de comparer des approches, mais leur application doit tenir compte du contexte local. Avant de modifier une parcelle, le dialogue avec les conseillers agricoles et les organismes territoriaux peut préciser les contraintes de gestion.
Source : Agrifaune, « La convention Agrifaune reconduite pour 2011-2016 ».